Commission Africaine | Les défenseur.es continuent de travailler dans un environnement restrictif en Afrique

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Dans sa déclaration du 28 avril devant la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (la Commission Africaine), le Service International pour les Droits de l’Homme (sigle anglais ISHR) a exhorté les États à mettre un terme à l’adoption de lois restrictives et a réclamé la promulgation de lois nationales en faveur de la promotion et de la protection des défenseur.es des droits humains en Afrique de l’Ouest.

Dans cette même déclaration, ISHR s’est inquiété du fait que les défenseur.es faisaient toujours l’objet de représailles, de harcèlement judiciaire et de différentes formes de violence alors que la Déclaration de l’ONU sur les défenseur.es des droits humains fête ses vingt ans. Leur travail est notamment entravé par l’adoption de lois restrictives.

« Le travail mené par les défenseur.es des droits humains est restreint par l’adoption de lois qui limitent l’accès des défenseur.es aux financements et par la promulgation de lois antiterroristes qui restreignent la capacité des médias et des militant.es des droits humains à surveiller les violences commises au nom de la lutte contre le terrorisme », a expliqué Adélaïde Etong Kame, consultante spécialiste du plaidoyer pour l’Afrique auprès d’ISHR.

ISHR a exhorté tous les États parties à la Charte Africaine, et en particulier l’Égypte, à mettre un terme aux représailles contre les défenseur.es, aux détentions arbitraires et aux disparitions forcées.

ISHR a par ailleurs fait part de son inquiétude quant à la situation des droits humains au Burundi.

« Nous demandons aux autorités burundaises de coopérer pleinement avec les mécanismes internationaux et régionaux relatifs aux droits humains, notamment la Commission d’enquête de l’ONU, afin de mettre un terme aux violations des droits humains et de prendre toutes les mesures nécessaires pour que l’impunité cesse et que les responsables soient traduit.es en justice », a insisté Mme Etong.

ISHR s’est par ailleurs félicité de certaines avancées en matière de protection des défenseur.es sur le continent. « Nous tenons à féliciter le Mali et le Burkina Faso qui ont récemment adopté des lois nationales pour la promotion et la protection des défenseur.es des droits humains ; nous nous réjouissons de l’esprit de collaboration affiché par les autorités et la société civile pour œuvrer en faveur de la protection des défenseur.es », a ajouté Mme Etong.

En revanche, ISHR a exprimé son inquiétude au sujet du projet de loi pour la protection des défenseur.es des droits humains actuellement en cours de discussion en République démocratique du Congo. « Ce type de loi doit s’accorder avec la Déclaration sur les défenseur.es des droits humains et la Charte Africaine, et contribuer à améliorer l’environnement de travail des défenseur.es – et pas à le restreindre encore davantage », a rappelé Mme Etong.

ISHR s’est enfin félicité du travail accompli par le/la Rapporteur.e spécial.e de la Commission Africaine sur les défenseurs des droits de l’Homme en Afrique depuis la création de son mandat, en 2004. Nous invitons la Commission Africaine à surveiller étroitement la mise en œuvre de ces lois de protection des défenseur.es, particulièrement lors de l’examen des rapports périodiques des pays concernés ainsi que dans le cadre de ses visites en lien avec la promotion et la protection des droits humains. 

 

Contact : Adélaïde Etong Kame ([email protected]) ou sur Twitter @Adelaide_ISHR 

 

Photo: African Centre for Democracy and Human Rights Studies

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