Depuis le dernier forum des ONG de la Commission africaine, les défenseur·e·x·s africain·e·x·s des droits humains ont convenu que les menaces pesant sur l’espace civique étaient de plus en plus préoccupantes.
Tout en confirmant la persistance des restrictions aux libertés d’expression, d’association et de réunion, les intervenant·e·x·s ont souligné que les femmes défenseures des droits humains subissent ces mêmes menaces de manière spécifique et particulière en raison de leur genre.
Salomé Nduta, directrice exécutive du Kenya WHRDs Hub, a révélé que les femmes défenseures des droits humains sont doublement victimes des restrictions à l’espace civique : d’une part en tant que citoyennes défendant les droits humains, et d’autre part en tant que femmes. Elle a confirmé que, dans différents pays du continent, elles sont également victimes d’arrestations arbitraires, d’agressions et de harcèlement, y compris dans l’espace numérique.
S’appuyant sur des exemples de défenseures des droits humains œuvrant pour des droits spécifiques, tels que les droits environnementaux et l’égalité des sexes, Brenda Kugonza, directrice exécutive du Réseau des défenseuses des droits humains en Ouganda, a partagé l’expérience de ces femmes ougandaises qui subissent également des intimidations, des humiliations publiques et des représailles dans l’exercice légitime de leur travail.
Les intervenantes ont reconnu que la gravité des restrictions a conduit des organisations comme CIVICUS à élaborer un outil de suivi pour évaluer l’efficacité de l’espace civique dans les pays africains. Soulignant la vulnérabilité particulière des défenseuses des droits humains, Salome Nduta a plaidé pour la création d’un outil de suivi adapté aux femmes afin d’évaluer leur accès à l’espace civique, insistant sur le fait que « protéger les droits des femmes n’est pas de la charité, c’est de la justice ».