La table ronde organisée le 30 avril 2025 lors du Forum des ONG de la 83e session ordinaire de la Commission s’est concentrée sur la menace constante qui pèse sur l’espace civique et a réuni les intervenant·e·x·s suivants :
- Anitha Gateretse, FIACAT, membre du conseil d’administration d’ACAT Burundi
- Wenceslas Assohou, FIACAT, membre du conseil d’administration d’ACAT Côte d’Ivoire
- Mary Da Silva Pais, codirectrice de l’Initiative des femmes défenseures des droits humains
- Antsa Randrianasolo, coordinateur national du Programme des défenseur·e·x·s des droits humains d’ACAT Madagascar.
Alors que l’Afrique réclame justice et réparations pour toutes les formes d’abus et de violations dont elle est victime depuis de nombreuses années, les défenseurs africains des droits humains se joignent au mouvement en s’interrogeant sur leur rôle dans la promotion de cette justice, notamment en ce qui concerne l’espace civique.
La table ronde a d’abord mis en lumière la fermeture progressive de l’espace civique au Burundi depuis 2015, ainsi qu’en République démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire et en Ouganda. L’interdiction des manifestations et les restrictions à la liberté de réunion, l’existence de lois sur la diffamation, le harcèlement et les attaques contre les défenseur·e·x·s des droits humains, ainsi que la surveillance en ligne, sont autant de facteurs qui étouffent la dissidence, menacent les défenseur·e·x·s et les empêchent non seulement d’exercer leur droit à la liberté d’expression, mais les contraignent également à l’exil.
De plus, la répression transnationale et les retards dans l’adoption de lois sur la protection des défenseur·e·x·s accroissent les exposent à plus de risques. À titre d’exemple, la loi sur la protection des défenseur·e·x·s des droits humains à Madagascar est en suspens à l’Assemblée nationale depuis 2020.
Dans ce contexte, appelant à la solidarité, Antsa Randrianasolo a affirmé : « Les défenseur·e·x·s des droits humains ne peuvent être protégés s’ils ne se protègent pas eux-mêmes et ne se protègent pas mutuellement. »
Constatant la faiblesse de l’application des cadres juridiques régionaux et internationaux, le panel a reconnu les difficultés rencontrées pour protéger les défenseur·e·x·s dans un espace civique restreint. Il a donc été appelé à une solidarité collective entre les défenseur·e·x·s, essentielle pour garantir leur protection mutuelle, réduire leur vulnérabilité et faciliter la protection de l’espace civique, tandis que les mécanismes internationaux de protection des droits humains renforcent le contrôle du respect des obligations internationales par les États.
En conclusion, concernant leur rôle dans ce processus de justice, les défenseur·e·x·s des droits humains se sont accordés sur la nécessité de renforcer :
- Le plaidoyer pour la justice et les réformes juridiques.
- Les campagnes pour la dépénalisation des infractions mineures.
- Les campagnes contre la criminalisation du militantisme.
- le suivi du respect et de la mise en œuvre des obligations internationales par les États.
- le suivi des atteintes et violations des droits humains.
- La collaboration et la solidarité.
Néanmoins, compte tenu de leur rôle crucial au sein des communautés, les défenseur·e·x·s des droits humains devraient également soutenir les États dans le respect des droits de la société civile et la réalisation de la justice.