En amont de leur participation à la 85e session de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, les organisations de la société civile ont examiné la situation des droits humains sur le continent.
Cette évaluation préalable, réalisée par les points focaux africains des cinq régions d’Afrique (Centrale, Est, Nord, Australe et Ouest), a constaté que la situation des droits humains, et en particulier les conditions de travail des défenseur·e·x·s des droits humains sur le continent, est de plus en plus alarmante.
Les pratiques qui portent atteinte aux droits des défenseur·e·x·s et restreignent leur environnement de travail sont similaires dans la quasi-totalité des pays africains.
Les violations récurrentes sont les suivantes :
- Droit d’accès à l’information et liberté d’expression : coupures d’internet et recours fréquent aux lois antiterroristes et de cybercriminalité pour réprimer la liberté d’expression et de la presse, tant dans l’espace public que numérique.
- Liberté d’association : suspensions d’organisations non gouvernementales et de partis politiques.
- Liberté de réunion : interdictions de manifestations, répression des manifestant·e·x·s et usage excessif de la force.
- Concernant la liberté et la sécurité de la personne : harcèlements, intimidations, arrestations arbitraires, exacerbations de discriminations raciales et sexistes, enlèvements et disparitions forcées, et exécutions extrajudiciaires.
Ces menaces constantes et ces attaques récurrentes entravent la liberté des défenseur·e·x·s des droits humains d’exercer leurs activités légitimes. Face à la multiplication de ces cas, le panel a évoqué que, sur le continent :
Face à ces faits alarmants, les expert·e·x·s ont recommandé aux États parties à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples :
- de respecter et d’appliquer efficacement les dispositions de la Charte et des instruments pertinents ;
- d’abroger les lois répressives ;
- d’apporter un soutien juridique aux victimes de violations de leurs droits ; et
- de mettre en place un mécanisme de protection et d’assistance aux victimes.