Conformément à la pratique habituelle de la société civile consistant à tenir des événements parallèles en marge de l’examen des rapports des États parties par la Commission africaine, ISHR, le WGHRWS, HEGOA, et Front Line Defenders avaient organisé une réunion parallèle autour du thème « Briser le silence sur la protection des défenseur·e·x·s au Sahara occidental ».
Pour Mahfud Bechri, défenseur des droits humains sahraoui, la position de la Commission africaine s’agissant de la protection des droits humains dans les territoires occupés de la République sahraouie est la suivante :
« Les mécanismes africains des droits humains, et en particulier la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, ont choisi de garder le silence face à la situation des Sahraoui·e·x·s dans les territoires occupés. Cela fait plus de dix ans que la Commission africaine n’a pas effectué de visite dans ces territoires ou publié une déclaration au sujet de la situation des droits humains dans la région. La population se sent plus abandonnée que jamais par les institutions continentales qui sont censées la représenter. »
Mahfud Bechri
Cet événement avait été organisé, d’une part, pour permettre aux défenseur·e·x·s du Sahara occidental de faire le point sur la situation des droits humains dans les territoires occupés de la République sahraouie et exhorter la Commission africaine à prendre les mesures qui s’imposent et, d’autre part, pour donner à la Commission l’occasion de rendre compte de son action pour remédier à la crise des droits humains dans ces territoires.
Le SDKJ-ICC a décidé unilatéralement d’annuler l’événement qui devait se tenir le 12 mai 2026, empêchant les défenseur·e·x·s sahraoui·e·x·s de participer pleinement à la 87e session de la Commission africaine. Face à cette annulation inopinée, Yaguta-Fatma Moulay, défenseure sahraouie des droits humains, a déclaré :
« Réduire au silence les défenseur·e·x·s sahraoui·e·x·s des droits humains n’efface pas les violations que nous subissons chaque jour au Sahara occidental occupé. La Commission africaine doit s’acquitter de son mandat en veillant à ce que le peuple sahraoui puisse faire entendre sa voix, bénéficie d’une protection et participe à toutes les discussions concernant ses droits et son avenir. »
Yaguta-Fatma Moulay
Exhortant la Commission africaine à agir, Hassanna Abba, défenseur sahraoui des droits humains, a déclaré :
« Nous appelons la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples à rompre le silence sur la situation des droits humains au Sahara occidental, à accorder une attention particulière à la protection des défenseur·e·x·s sahraoui·e·x·s et à prendre des mesures concrètes pour mettre fin aux représailles dont iels font l’objet en raison de leur coopération légitime avec les mécanismes internationaux et régionaux de défense des droits humains. »
Hassanna Abba
ISHR réitère son inquiétude face à cette annulation unilatérale, qui constitue une atteinte au droit des défenseur·e·x·s de participer pleinement à la session de la Commission africaine et au droit des membres de la Commission d’être informé·e·x·s de la situation en toute impartialité par l’ensemble des parties prenantes.
Dans un appel conjoint demandant la levée de l’annulation, plus de 50 organisations non gouvernementales ont affirmé que toute tentative de pression extérieure portant atteinte à l’indépendance de la Commission africaine et réduisant la société civile au silence était inacceptable et devait être combattue, soulignant que de telles actions entravaient la capacité de la Commission à mener à bien son travail et à protéger l’espace civique.
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