UN Web TV

Niger
Nouvelles

HRC63: Les défenseur.e.x.s des droits humains nigériens rappellent à l’Etat ses engagements internationaux

Ce 25 octobre 2026, une représentation du gouvernement du Niger a présenté devant le Conseil des Droits de l’Homme son rapport au titre du quatrième cycle de l’Examen Périodique Universel. Des 265 recommandations reçues, le Niger en a noté 11 et accepté 254 dont 23 sur la protection des défenseur.e.x.s des droits humains et de leur espace de travail.

Malgré les efforts du Niger de protéger les défenseur.e.x.s des droits humains (DDH) sur son territoire à travers l’adoption remarquable de la loi sur la reconnaissance et la protection des défenseur.e.s des droits humains en 2022, l’effectivité de la loi peine à se concrétiser. Cette déclaration a donc soulevé avec préoccupation le décalage entre les engagements et la réalité du terrain, marquée par une détérioration persistante de l’espace civique détaillée dans le rapport conjoint soumis. 

Tandis que les organisations de la société civile indépendante font l’objet de menaces de dissolution et de restrictions administratives de leurs activités, les intimidations, harcèlement judiciaires et arrestations arbitraires fondées sur des dispositions liberticides du Code pénal et de l’Ordonnance n°2010-05 sur la cybercriminalité persistent contre les DDH, les journalistes, et les acteurs de la société civile. La liberté de manifestation est soumise à des demandes d’autorisation qui sont systématiquement refusées pour motifs sécuritaires.

ISHR a, de ce fait, recommandé de : 

  1. Libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes détenues arbitrairement pour l’exercice de leurs libertés fondamentales, et cesser toute intimidation et représailles contre les DDH et les journalistes. 
  2. Abroger ou réviser l’Ordonnance sur la cybercriminalité et le Code pénal pour dépénaliser les délits de presse et d’opinion. 
  3. Rétablir pleinement les libertés de réunion pacifique et d’association, en levant l’interdiction de fait des manifestations et en garantissant un environnement sûr et habilitant pour la société civile. 
  4. Mettre en œuvre la loi protectrice des DDH et créer un mécanisme national de protection des DDH, en consultation avec la société civile. 
  5. Adresser une invitation permanente aux procédures spéciales, notamment au Rapporteur spécial sur les DDH. 

 

La vidéo complète de la déclaration est disponible ici. 

Related articles

CADHP87 : les défenseur·e·x·s du Sahara occidental exhortent la Commission africaine à assurer leur protection, y compris dans les territoires occupés

Yaguta-Fatma Moulay, défenseure sahraouie, a prononcé une déclaration rédigée conjointement avec ISHR et Front Line Defenders, détaillant la répression systématique que subissent les défenseur·e·x·s des droits humains dans les territoires occupés de la République arabe sahraouie démocratique.

CADHP87 : ISHR dénonce les restrictions et les représailles qui continuent de peser sur les défenseur·e·x·s africain·e·x·s

ISHR a fait part de ses préoccupations concernant les restrictions et les représailles dont font l’objet les défenseur·e·x·s et a appelé la Commission africaine à adopter des mesures garantissant leur protection et leur participation pleine et sûre aux activités menées dans son cadre.