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CADHP87 : les défenseur·e·x·s du Sahara occidental exhortent la Commission africaine à assurer leur protection, y compris dans les territoires occupés

Yaguta-Fatma Moulay, défenseure sahraouie, a prononcé une déclaration rédigée conjointement avec ISHR et Front Line Defenders, détaillant la répression systématique que subissent les défenseur·e·x·s des droits humains dans les territoires occupés de la République arabe sahraouie démocratique.

À la suite de la présentation du rapport d’activité d’Ourveena Geereesha Topsy-Sonoo, Rapporteure spéciale de la Commission africaine sur la liberté d’expression et l’accès à l’information et rapporteure pour la RASD, ISHR a fait une déclaration.

Dans sa déclaration, ISHR met en lumière le combat quotidien mené par les défenseur·e·x·s sahraoui·e·x·s des droits humains pour rendre compte des violations, mobiliser les communautés et affirmer le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, garanti par l’article 20 de la Charte africaine.

La déclaration dénonce également un environnement marqué par les arrestations, la torture, la détention, le harcèlement, les sévices physiques et psychologiques, la violence sexuelle et la surveillance arbitraires et dans lequel la défense pacifique des droits humains est assimilée à une menace pour la sécurité. Ce climat d’intimidation et d’autocensure limite la capacité des défenseur·e·x·s à s’organiser, à signaler les violations et à communiquer en toute sécurité.

Les journalistes, blogueur·euse·x·s et citoyen·ne·x·s-reporters sahraoui·e·x·s se voient confisquer leur matériel et subissent des attaques physiques et des poursuites judiciaires en raison du contenu qu’iels publient en ligne. Les médias proches du pouvoir se livrent régulièrement à des campagnes de dénigrement contre les défenseur·e·x·s, les faisant passer pour des traitres ou des agents étrangers et légitimant ainsi une répression accrue à leur égard.

Ces pratiques sont aggravées par des mesures visant à restreindre les mécanismes indépendants de surveillance, comme l’expulsion des observateurs internationaux et la limitation de l’accès au territoire. Ces restrictions entravent considérablement la capacité des défenseur·e·x·s sahraoui·e·x·s à s’organiser collectivement, à partager des informations et à exercer leurs droits fondamentaux.

Dans sa déclaration, ISHR déplore également l’annulation de la réunion parallèle intitulée « Briser le silence sur la protection des défenseur·e·x·s au Sahara occidental » qu’elle avait co-organisée afin de donner aux défenseur·e·x·s sahraoui·e·x·s l’occasion de s’exprimer.   

La déclaration conjointe appelle la Commission africaine à condamner publiquement les actes de représailles, d’intimidation et de harcèlement commis contre les défenseur·e·x·s sahraoui·e·x·s des droits humains et d’autres acteurs de la société civile, notamment lorsqu’iels tentent de coopérer avec la Commission et d’autres mécanismes internationaux.

Elle exhorte également la Commission à assurer un suivi systématique et continu des violations des droits humains perpétrées au Sahara occidental, à mettre en place des canaux sûrs et confidentiels afin que la société sahraouie puisse coopérer avec la Commission, et à amorcer une mission d’établissement des faits pour évaluer la situation des défenseur·e·x·s des droits humains et de l’espace civique sur le territoire.

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