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CADHP87 : ISHR s’inquiète du rétrécissement de l’espace civique en Afrique

ISHR attire l’attention sur la détérioration de la situation des droits humains dans plusieurs pays africains, notamment sur le rétrécissement de l’espace civique et sur les menaces qui pèsent sur les défenseur·e·x·s des droits humains.

Le 11 mai 2026, à l’occasion de la 87e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (Commission africaine), ISHR a prononcé une déclaration sur la situation des droits humains en Afrique.

En Tanzanie, ISHR met en évidence le climat de plus en plus hostile à l’égard des défenseur·e·x·s des droits humains depuis la réélection de Samia Suluhu Hassan à la tête du pays. En 2025, les autorités ont fermé des milliers de plateformes en ligne sous prétexte qu’elles hébergeaient des « contenus contraires à l’éthique » et des cas de disparitions forcées de personnalités de l’opposition et de défenseur·e·x·s ont été signalés.

En République démocratique du Congo, les journalistes et les activistes du Nord-Kivu et du Sud-Kivu continuent d’être pris·e·x·s pour cible par les autorités congolaises et des groupes armés, notamment le M23 et l’Alliance Fleuve Congo (AFC). De même, le Burkina Faso a été pointé du doigt pour avoir recouru à des lois non conformes aux normes internationales afin de restreindre l’espace civique et de réduire au silence les défenseur·e·x·s des droits humains.

En Angola, on observe une tendance dangereuse à réduire au silence les journalistes couvrant des sujets d’intérêt public au prétexte de la lutte contre le terrorisme. Concernant l’examen du rapport du Kenya mené lors de cette session, ISHR exhorte la Commission africaine à demander à l’État partie d’adopter des mesures efficaces afin de protéger l’espace civique et d’éviter que ne se reproduisent les répressions de manifestations qui ont eu lieu entre 2023 et 2025.

Au Sahara occidental, ISHR s’inquiète des attaques perpétrées contre les défenseur·e·x·s sahraoui·e·x·s qui rendent compte des violations, mobilisent les communautés et revendiquent le droit à l’autodétermination. Les défenseur·e·x·s font l’objet de formes concomitantes de criminalisation, de violences physiques, psychologiques et sexuelles, d’une surveillance injustifiée et d’une restriction de leurs libertés fondamentales. Pour ISHR, il est impératif que la Commission africaine puisse accéder librement au territoire afin de surveiller la situation des défenseur·e·x·s.

Au Soudan, les civils vivent toujours dans des conditions déplorables à Dillinj, dans le Sud-Kordofan, et des milliers de personnes cherchent refuge dans l’État du Nil Bleu. On déplore la mort de deux professionnels de santé, tués par des attaques de drones dans l’État du Nil Blanc. Les secouristes locaux/ale·x·s et les défenseur·e·x·s des droits humains sont la cible de violentes attaques alors qu’iels s’efforcent de sauver des vies et de documenter les crimes de guerre. ISHR exhorte la Commission à coopérer avec les femmes défenseures des droits humains afin de faire état des attaques touchant les habitations et les établissements médicaux.

Enfin, ISHR se félicite de l’adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies d’une résolution proposée par le Ghana et soutenue par l’Union africaine et les États membres de la CARICOM qualifiant la traite transatlantique des personnes africaines réduites en esclavage de « plus grave crime jamais commis contre l’humanité ».

ISHR encourage la Commission africaine à adopter une résolution de suivi sur le Programme de réparations de l’Afrique et les droits de l’Homme des Africains de la diaspora.

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