Organisé en amont de la 87e session de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, le Forum des ONG a accueilli 160 participant·e·x·s et a été le cadre de dix tables rondes au cours desquelles la situation des droits humains en Afrique a été examinée et évaluée et des recommandations ont été formulées afin d’atténuer les défis recensés, notamment s’agissant des défenseur·e·x·s.
Pour préparer la discussion, les points focaux des différentes sous-régions ont présenté un état des lieux de la situation des droits humains et de la démocratie en Afrique. De manière générale, la protection des droits humains, des droits des défenseur·e·x·s et de l’espace civique se détériore dans les différentes régions.
Présentant le point de vue de la diaspora sur la question, ISHR, membre du comité de pilotage du Forum des ONG, a souligné la nécessité de mettre en place un cadre de protection juridique adéquat pour les défenseur·e·x·s des droits humains afin de favoriser leur collaboration avec les procédures spéciales des Nations Unies, conformément à la feuille de route d’Addis-Abeba qui prévoit une action coordonnée en faveur de la protection des droits humains.
Au cours de cette session de mai, le Forum a organisé deux tables rondes en lien avec le thème de l’UA pour 2026 :
- De l’invisibilité à la responsabilité : garantir le droit à l’assainissement pour les femmes et les filles en Afrique.
- L’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour les communautés victimes de discrimination fondée sur le travail et l’ascendance : des questions à la croisée de l’exclusion structurelle, de l’atteinte à la dignité et de l’impératif de justice sociale en Afrique.
Ces tables rondes ont mis en avant l’importance de l’eau et de l’assainissement, ainsi que le rôle qu’ils jouent dans la préservation de la santé et de la dignité de certains groupes vulnérables, en particulier les femmes et les filles africaines.
Concernant les droits des femmes et leur accès aux droits sexuels et reproductifs, le Forum a organisé trois tables rondes :
- Pratiques coutumières et traditionalistes affectant la jouissance des droits en matière de santé et des droits sociaux et économiques des femmes en Afrique.
- Au-delà des cessez-le-feu : contrer les répercussions négatives grâce à des approches féministes de la paix et de la justice.
- Défendre les droits humains dans des contextes hostiles : les attaques contre les activistes qui œuvrent en faveur des droits en matière de santé procréative et sexuelle dans un contexte de rétrécissement de l’espace civique et de réactions hostiles à l’égalité des sexes.
Les tables rondes ont permis d’examiner les moyens de mieux surmonter ces défis et de garantir l’effectivité des droits des femmes dans toutes les circonstances, ainsi que de préciser les contextes défavorables à la protection des droits des femmes.
Le Forum des ONG a également organisé des tables rondes sur les thèmes suivants :
- Paix, sécurité et changements anticonstitutionnels de gouvernement.
- Les personnes migrantes, réfugiées et déplacées au sein de leur pays en Afrique du Nord : état des lieux, défis et cadre de protection.
- Le projet de Déclaration sur la promotion du rôle des défenseur·e·x·s des droits humains et des peuples et leur protection en Afrique.
- L’examen des rapports périodiques des États par la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples : le rôle des ONG ; table ronde coanimée par ISHR.
Pour approfondir les discussions entre les personnes participantes et faciliter le recueil de recommandations supplémentaires, les groupes d’intérêts particuliers suivants ont été créés :
- Consolidation de la paix et résolution des conflits : conflits armés, coups d’État militaires et tensions politiques.
- Droits des femmes et violence fondée sur le genre en Afrique.
- Personnes migrantes, réfugiées et déplacées au sein de leur pays en Afrique.
- Services de santé pour les femmes, les enfants et les personnes marginalisées.
- ZLECAf et développement durable.
- Liberté de réunion et d’association (défenseur·e·x·s des droits humains).
- Défis économiques : chômage des jeunes et pauvreté.
- Protéger les personnes et la planète ; promouvoir les droits humains et la justice environnementale, et lutter contre l’écocide en Afrique.
- Xénophobie et discrimination à l’encontre des personnes de couleur et des minorités sexuelles en Afrique.
- Droits des personnes âgées et des personnes en situation de handicap en Afrique.
- Communautés victimes de discrimination fondée sur le travail et l’ascendance en Afrique.
À l’issue du Forum, les participant·e·x·s ont validé les recommandations et résolutions qui seront proposées à la Commission africaine pour examen et adoption.
- Une recommandation numérique sur les droits numériques.
- Sept résolutions thématiques, notamment sur les personnes d’ascendance africaine, sur la protection de l’accès des femmes à des services adéquats en matière de santé sexuelle et reproductive et sur l’espace civique.
- Neuf résolutions relatives à des pays dont le Cameroun, la Mauritanie, le Tchad et le Zimbabwe.
Lors de la clôture de ce Forum des ONG, Idrissa Sow, président de la Commission africaine, a déclaré :
« Le Forum demeure un espace essentiel de dialogue, de réflexion et de mobilisation, au sein duquel la société civile africaine joue un rôle décisif dans la promotion des droits humains sur notre continent. »
Il a en outre appelé les participant·e·x·s au Forum à poursuivre leur action de plaidoyer auprès des États parties afin qu’ils renforcent leurs mécanismes préventifs garantissant le respect effectif des droits humains, y compris les droits politiques dans le cadre des élections.
Dans son discours de clôture, le président a annoncé que la 89e session de la Commission africaine se tiendrait à Dakar, au Sénégal.